Présentation

SMSL est une société chinoise qui s’est fait connaître grâce à des produits bon marché au rapport qualité prix très intéressant. L’amplificateur numérique utilisé par André Klein dans son gros système est d’ailleurs un amplificateur d’origine SMSL (Un week-end chez André Klein). Je suis tombé par hasard sur un descriptif du DP3 et les spécifications techniques ont immédiatement attiré mon attention. Les entrées : Il s’agit d’une machine équipée d’une interface réseau complète (RJ45, WIFI et Blutooth), de trois ports USB permettant la connexion directe de disques durs et d’un logement pour une carte micro SD. Les sorties : Le DP3 est équipé d’une sortie casque symétrique, d’une sortie analogique RCA, de sorties SPDIF optique et coaxiale, AES/EBU et USB pour le raccorder à un DAC externe. Les fonctions : Le graphique qui suit présente l’ensemble des fonctions offertes par l’appareil. Mon attention a été attirée par la richesse des fonctions offertes, mais surtout par le choix des composants. J’ai acheté cet appareil moins de 250 Euros sur Amazon. A ce prix, outre la qualité de la construction sur laquelle je reviendrai plus tard, on a un double DAC ES9018Q2C et une double horloge 22,579 MHz et 24,579 MHz (Jitter annoncé inférieur à 0,1 ps entre 10 Hz et 1 Mz). Le DAC : le port micro USB est bidirectionnel. On peut déclarer le DP3 comme DAC usb. J’ai pu vérifier qu’il est reconnu directement par mon Raspberry avec Volumio. Pour les PC, il faut installer un driver, fourni par SMSL. L’écran : Le DP3 est équipé d’un petit écran couleur, et c’est un gros avantage ! On peut l’utiliser de manière complètement autonome. J’imagine une chaîne avec ce DP3 en lecteur de fichiers préampli, un ampli LM3886 derrière et une paire d’enceintes Magnat Transpuls. Voici une chaîne à moins de 2000 € qui sera vraiment difficile à battre…

Déballage et mise en route

La boite est bien conçue et le DP3 bien protégé. L’alimentation est intégrée à l’appareil, et les câbles y compris USB sont fournis. Une antenne WIFI doit être connectée à l’arrière de l’appareil. Il y a même une télécommande ! Le manuel d’utilisation est très succinct, et on trouve pour l’instant peu de renseignements sur l’utilisation de cet appareil sur internet. Ce qui m’a frappé lors du déballage, c’est l’impression de qualité ressentie lorsqu’on manipule le DP3. L’appareil est assez lourd et très bien construit. J’ai essayé de l’ouvrir, mais je n’ai pu enlever que la plaque du dessous. Toute la surface est remplie par un circuit imprimé et on ne peut pas voir les composants. J’aurais bien aimé identifier les amplis OP utilisés sur l’étage de sortie analogique. J’ai connecté l’appareil sur le réseau avec un câble RJ45 et je l’ai mis en route. Sans aucun paramétrage de ma part, mon NAS a été reconnu me donnant accès à mes fichiers de musique. Pour la musique locale, il faut utiliser un disque formaté en FAT32 de préférence. Dès qu’on rentre la carte micro SD ou que l’on connecte un disque dur, l’appareil scanne les disques (plus rapidement que Volumio) et en moins de cinq minutes, je pouvais naviguer dans mon arborescence de fichiers.

Le logiciel intégré

Le firmware de mon DP3 est à la version 1.3. Le logiciel utilisé est d’origine HiBy. Au niveau local, ce logiciel fait le job, et même plutôt bien. Là ou le bât blesse, c’est l’application HiBy pour IOS ou pour Android. Là, c’est le service minimum. La connexion doit être effectuée en Bluetooth, et elle n’est pas toujours rapide à établir. En terme d’ergonomie et de fonctionnalités, on est loin de Jremote pour Jriver, ou Remote pour Itune. Même Lumin ou Ipeng font mieux. L’appareil est conçu pour jouer de la musique en local ou depuis le réseau, mais le pilotage d’une bibliothèque musicale complexe devra être réalisée avec un logiciel dédié, depuis un PC ou bien un Mac.

DLNA / Airplay

J’ai réussi à identifier le DP3 depuis Jriver en tant que matériel DLNA sans aucun problème. Je suppose qu’il en sera de même avec d’autres logiciels tels que Media Monkey ou Foobar. Qobuz Player pour PC intègre la diffusion du flux vers les appareils DLNA en version béta, mais je n’ai pas réussi à reconnaître le DP3 avec cette version. Je n’ai pas noté de perte de qualité par rapport à la lecture en local, ce qui m’a étonné car mes expériences précédentes n’avaient pas été aussi concluantes. Du coup, je peux utiliser Jremote pour accéder à ma bibliothèque :

Pour les utilisateurs de Windows, on peut utiliser le Windows Media Player de Window, et envoyer le flux audio vers le DP3 :

Ou encore plus simple, depuis l’explorateur Windows, clic droit, « lire sur l’appareil » et sélectionner SMSL DP3. Cela fonctionne vraiment très simplement. Pour jouer tout un album, il suffit de faire une sélection multiple.

Pour le moment, je n’ai pas réussi à lire les playlists radio de cette façon… Pour Airplay, c’est différent. Je n’ai réussi qu’une seule fois à identifier le DP3 depuis mes appareils IOS. J’espère que SMSL corrigera cette instabilité dans les prochaines versions du firmware.

Mise à jour le 1/09 : J’ai réussi à stabilisé le fonctionnement de Airplay. J’ai initialement installé le DP3 avec une connexion RJ45. Depuis, J’ai paramétré le WIFI pour qu’il se connecte par ce moyen à mon router internet, sur une nouvelle adresse IP. J’ai débranché le câble réseau. Airplay fonctionne normalement depuis cette modification de la configuration. Très pratique pour écouter Radio Suisse Classique ou Radio Suisse Jazz depuis mon Ipad…

J’ai également testé la compatibilité du matériel avec BubbleUPnp. Aucun souci, l’appareil est reconnu par le serveur et l’excellente application disponible pour les smartphones sous Android. Cette application permet la lecture depuis les fichiers contrôlés par le serveur Bubble, mais permet également l’accès aux achats effectués sur Qobuz, et le streaming depuis Qobuz et Tidal.

Utilisation directe avec l’application intégrée

Voici le menu principal, avec 6 options principales :

  • Lecture en cours
  • Navigation par métadonnées
  • Navigation dans la structure de fichiers
  • Options de lecture
  • Paramètres
  • Options de connexion (WIFI, DLNA, Airplay, Bluetooth

Le bouton principal permet de naviguer entre les options, et il faut appuyer dessus pour les sélectionner. Ce bouton contrôle également le volume lorsqu’on utilise le DAC intégré.

Les accès fichiers : Carte SD, Réseau (NAS) et disque USB (OTG)

Ma structure de fichiers

Pour mon utilisation, la manière la plus rapide de retrouver ma musique

Les connexions réseau

Les paramètres. Ici DSD en natif et USB activé en « DAC ». Dans cette configuration, le DP3 est reconnu comme un DAC.

Lecture en cours

l’appareil est contrôlé depuis un serveur externe via DLNA

Sortie du mode DLNA

Utilisation en DAC

Utilisation en Airplay (selon l’humeur du DP3…)

Les contrôles sont donc effectués à l’aide de 4 boutons. Le sélecteur rotatif et les 3 boutons placés à sa droite :

  • Play/pause
  • Retour (on descend dans les menus en pressant le sélecteur rotatif, et on remonte avec ce bouton poussoir)
  • FN, fonction, personnalisable. Je l’utilise pour sélectionner les sorties ‘Ligne ou SPDIF dans mon cas).

Ce qui manque ou ne marche pas…

  • J’ai parlé de l’application IOS et Android HiBy. Ce n’est vraiment pas terrible…
  • Le bluetooth est capricieux ;
  • Pas d’accès direct aux radios internet ;
  • Pas d’intégration directe de Qobuz ou Tidal, mais accès facile Grace à BubbleUPnP
  • Je n’ai pas réussi à faire reconnaître mes DAC USB par l’appareil. Je me connecte donc avec la sortie SPDIF. Je vais continuer à creuser.
    Mise à jour le 8 septembre:

    • J’ai réussi à prendre contact avec SMSL. Ils me répondent que seuls les DAC compatibles « OTG » sont reconnus, ce qui n’est mentionné nulle part dans leur documentation commerciale. Ils prennent le client pour un idiot en me répondant que je n’ai pas besoin de la sortie USB parce que la sortie SPDIF fonctionne très bien… Pas terrible comme argument 🙂
    • Firmware version 1.4 disponible. Je l’ai installé. A suivre.

Fichiers reconnus par le DP3

Le SMSL DP3 à l’épreuve de l’écoute

J’ai pu comparer de nombreuses configurations, ce qui m’a permis d’évaluer la qualité des différentes fonctions offertes par l’appareil.

  • DP3 lecteur réseau autonome + DAC intégré
  • DP3 lecteur réseau autonome + DAC Yamaha (SPDIF)
  • DP3 lecteur réseau autonome + DAC Kaneda (SPDIF)
  • DP3 via Jriver + DAC intégré
  • DP3 via Jriver + DAC Yamaha (SPDIF)
  • DP3 via Jriver + DAC Kaneda (SPDIF
  • RPI/Volumio + DP3 en DAC

La référence étant la lecture réseau avec le Raspberry et Volumio, connectés en USB au Yamaha CD-S2100, et le Yamaha en lecture CD/SACD, et la lecture depuis un PC Intel NUCi5 avec Jriver, connecté en USB au même Yamaha. En lecture réseau et fichiers, le DP3 est gagnant. Plus propre, plus clair, mieux défini surtout dans le bas que la lecture via le RPI/Volumio ou PC/Jriver. Ceci semble confirmer la qualité du travail réalisé par SMSL sur le traitement des données numériques. A ce prix, c’est une véritable affaire car on peut se passer des liaisons USB et utiliser n’importe quel DAC, y compris AES/EBU. Comme déjà mentionné, je n’ai pas noté de perte de qualité en liaison DLNA. Le DAC intégré fonctionne très bien, mais l’esthétique sonore est assez différente de celle du Yamaha, qui utilise pourtant une puce ES9016, de la même famille que le ES9018. Le DP3 semble plus clair, donne beaucoup de détail sur tout le spectre. Dans l’ensemble, j’ai tendance à écouter plus souvent le Yamaha, mais certains disques gagnent à être écoutés avec le DAC intégré. Sans le DAC, ce DP3 est déjà une véritable affaire, avec le DAC, cela devient l’affaire du siècle pour qui veut lire des fichiers stockés sur un petit disque portable et construire un système minimaliste et performant à bas coût.

Conclusion

Le DP3 n’est pas parfait, mais on notera que les problèmes mentionnés sont pour la plupart liés au firmware et à l’application HiBy. Je suis sûr que SMSL va rapidement trouver des solutions. Le DP3 est un matériel d’entrée de gamme qui donne beaucoup pour une dépense ridicule. Je vais continuer à explorer les possibilités de contrôle depuis des applications externes. En pratique, j’ai tendance à l’utiliser en lecteur autonome. J’aime bien le petit écran et je peux accéder rapidement à mes fichiers, mais cela m’oblige à me lever du canapé !

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